Commentaires sur les acquisitions de la Société des Amis de Versailles

Alexandre Maral
Conservateur chargé des sculptures

Six oeuvres seulement, dont la moitié de qualité moyenne : on est tenté de conclure que le chapitre des sculptures n’a pas été le point fort de la Société des Amis de Versailles. Pourtant, les deux médaillons de Mademoiselle de Blois et du comte de Vermandois ainsi que le buste de Condé par Deseine suffisent amplement à faire oublier le médiocre buste en plâtre de Condorcet, présenté au moment de son acquisition comme un plâtre original par André Pératé, conservateur au château, et surtout les deux bustes en marbre noir et albâtre rubané de personnages romains qui ont abouti à Versailles à la faveur d’un arrêt en douane. Restent donc trois oeuvres qui, sans être des chefs-d’oeuvre, constituent de très honorables enrichissements des collections. Surtout, dès sa fondation, la Société des Amis de Versailles semble avoir compris que le patrimoine sculpté de Versailles avait un besoin aussi grand de restaurations que d’accroissements.



En 1908, Victorien Sardou, président, et Eugène Tardieu, secrétaire général, affectaient les sommes nécessaires au nettoyage et à l’entretien des sculptures des jardins, déjà victimes d’actes de vandalisme appelés à se multiplier. Parallèlement, le désir était exprimé par la Société d’inscrire dans la réglementation l’interdiction de tels agissements et leur sanction. Cet intérêt initial a trouvé récemment de nouveaux terrains d’expression, pour le plus grand profit de la statuaire des jardins.

Dans le cadre de la campagne d’appel à mécénat lancée en 2005, la Société des Amis de Versailles a eu l’heureuse idée de convier tous ses adhérents à adopter une oeuvre en péril. Le regroupement des fonds collectés a d’ores et déjà permis de sauver deux bustes, ceux de Caracalla et de Marc-Aurèle, provenant du bosquet de la salle des Marronniers, ainsi que la statue de Ganymède par Joly, provenant du bosquet du Rond-Vert.