Commentaires sur les acquisitions de la Société des Amis de Versailles
Xavier Salmon
Conservateur
La collection de dessins conservée au château de Versailles, riche d’environ 1 500 feuilles, est constituée pour la plupart d’œuvres de l’école française. L’enrichissement des collections commença après la création du musée dédié à toutes les gloires de la France, le 1er septembre 1833. Louis-Philippe avait décidé de transformer le château en un musée destiné à présenter une iconographie illustrant l’histoire nationale.
À cet effet, le roi des Français résolut de regrouper à Versailles des oeuvres provenant pour la plupart des collections royales et impériales, qui évoquaient tels personnages ou tels événements qui avaient marqué l’histoire de France. Dans cette quête, le dessin ne fut pas oublié et la collection d’arts graphiques illustra alors des représentations historiques et des portraits des figures majeures de l’histoire nationale.
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En 1896 et en 1933, les dessins de la collection de Dominique-Vivant Denon enrichirent le cabinet de nombreuses feuilles décrivant l’épopée napoléonienne. Le legs, en 1911, par Adolphe Yvon d’un très bel ensemble d’études provenant de son atelier ébranla la conviction que le fonds de Versailles ne pouvait être composé que de feuilles abouties à l’intérêt iconographique manifeste. L’arrivée au château de Pierre de Nolhac en 1887 transforma peu à peu le musée qu’avait conçu Louis-Philippe pour rendre au bâtiment sa dimension de résidence royale. Ainsi, les oeuvres à caractère rétrospectif disparurent au profit de la restitution des appartements historiques. Nolhac fit aussi entrer à Versailles, par des dépôts du musée du Louvre, par des acquisitions, des legs ou des donations, des oeuvres qui permettaient de documenter le château et la vie à Versailles pendant l’Ancien Régime. Les incidences sur le cabinet des Arts graphiques furent immédiates. La collection s’enrichit de feuilles qui témoignaient de l’histoire artistique des lieux. Ainsi, en 1897, un bel ensemble de dessins préparatoires de Charles Le Brun fut déposé par le Louvre afin d’illustrer l’élaboration de la galerie des Glaces. Après le départ de Nolhac, cette volonté de documenter l’histoire du château survécut. Lors de la vente de la collection d’Henri Grosseuvre en 1934, le château acquit ainsi des éléments propices à mettre en lumière la vie de cour, mais aussi l’histoire du parc et des bâtiments. Les enrichissements sont toujours conduits dans cet esprit.
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