Le 3 novembre 1907, Eugène Tardieu, journaliste à l'Écho de Paris publie dans son journal la lettre d'une lectrice désolée par l'état d'abandon du Petit Trianon, désolation partagée par de nombreux visiteurs français et étrangers : "aucune réparation, vitres brisées, ordures de toutes sortes dans les maisons [voire même un corset], griffonnages souvent immoraux sur les murs, plâtres effrités, toitures percées..." Il va constater lui-même sur place : "... il n'y a même plus de fenêtres, les chaumes défoncés laissent couler l'eau des pluies... La nuit des apaches, des vagabonds se donnent rendez-vous dans les chaumières qui leur offrent un abri commode et de tout repos [Il y a trois gardiens pour un domaine de 92 hectares !] Heureusement qu'ils se bornent à y dormir, et à y déposer des ordures..." Il rappelle l'effort fait par l'Etat depuis Louis-Philippe et fait remarquer la médiocre place que le domaine de Versailles tient dans le budget des Beaux-Arts. "Ce que l'Etat ne peut faire qu'incomplètement, l'initiative privée l'eût, en d'autres pays, déjà accomplie". Un grand mouvement d'opinion se déclenche pour la sauvegarde de Versailles et l'idée d'une "Société des Amis de Versailles" se dessine devant le succès de cet ambitieux projet. Rapidement les adhésions affluent et Pierre de Nolhac, conservateur du musée promet à la Société son concours. Un comité de fondation est constitué. Un bureau provisoire charge Messieurs Millerand et Poincaré de préparer les Statuts de l'Association. La Société des Amis de Versailles voit enfin le jour le 19 décembre 1907. Régie par la Loi de 1901 sur les Associations, elle a été reconnue d'utilité publique le 16 avril 1913.
Son histoire
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Alexandre Millerand
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