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Mécénat

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Restauration de deux esquisses de Jean-Baptiste de Champaigne



Aidez la Société des Amis de Versailles à restaurer deux tableaux de Jean-Baptiste de Champaigne pour l'exposition "Les Animaux du Roi" (du 12 octobre 2021 au 13 février 2022) : L’Empereur Auguste recevant une ambassade d’Indiens et Alexandre le Grand offrant des animaux à son professeur Aristote

Représentant l'exotique léopard ou les animaux domestiques tels que la brebis ou la poule, ces deux esquisses de Jean-Baptiste de Champaigne vont trouver leur place dans l'exposition "Les Animaux du Roi" (du 12 octobre 2021 au 13 février 2022) au château de Versailles, puis seront exposées dans les salles d'histoire du rez-de-chaussée. 
Acquis en 2021 par le château de Versailles, ces projets pour le plafond du salon de Mercure nécessitent néanmoins une restauration. 

Participez aux côtés des Amis de Versailles au financement de la restauration de deux esquisses de Jean-Baptiste de Champaigne. Le budget est de 8 521,20 €. Chaque don compte. Nous vous remercions par avance pour votre générosité !
Vous pouvez contribuer à ce projet en faisant un don en ligne ci-dessous. Pour un don par chèque ou par virement, veuillez nous contacter.


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Notices de Béatrice Sarrazin, extraites du catalogue de l'exposition Les Animaux du Roi,
ouvrage collectif sous la direction d'Alexandre Maral et Nicolas Milovanovic,
commissaires de l'exposition : 


"En l’espace de quelques mois apparaissaient sur le marché de l’art ces deux tableaux inédits, projets pour deux des voussures du plafond du salon de Mercure dans le grand appartement du Roi. L’intégralité de la commande fut confiée en 1672 à Jean-Baptiste de Champaigne, neveu talentueux de Philippe.

De facture très aboutie, L’Empereur Auguste recevant une ambassade d’Indiens est proche, à quelques détails près, de la composition finale (voussure ouest)[1]. Le sujet[2] peut être mis en relation avec un passage de l’Histoire de Dion Cassius[3] : « Les ambassadeurs indiens, qui étaient un peu auparavant arrivés, contractèrent paix et alliance avec lui, et lui firent des dons et présents, et entre autres des tigres, bêtes que les Romains n’avaient pas encore vues. » Au XVIIe siècle, le mot « tigre » continue d’être utilisé de manière générique pour qualifier tout type de fauves, panthères, guépards ou tigres – ceux-là dans une moindre mesure[4]. Plus qu’à la ménagerie de Vincennes qui accueillait les bêtes de combat ou qu’à la ménagerie de Versailles[5], ou auprès des peintres animaliers et réalistes comme Pieter Boel, ou Nicasius Bernaerts, l’artiste se réfère pour son léopard au bestiaire fantaisiste d’artistes comme Titien, qui fait par exemple figurer dans l’une de ses Bacchanales un couple de panthères[6]. La composition même, en bas relief, assimile la scène à un triomphe antique, ce que confirme la présence de l’aigle surmontant l’inscription SPQR (Senatus populusque romanus). Les deux léopards deviennent ici des présents diplomatiques.

Esquisse préparatoire plutôt que modello destiné au commanditaire, Alexandre le Grand offrant des animaux à son professeur Aristote (voussure nord) propose un parti radicalement différent de celui qui a été adopté dans la version finale. La variante la plus notable concerne les animaux qui, de domestiques, sont devenus exotiques. La brebis, le mouton et les poules[7], apportés à titre de présents par les serviteurs dans l’esquisse, font ainsi place à un crocodile, à un colvert et à un singe tandis qu’une tortue, un homard et un poisson se substituent aux aigles, enfermés dans une cage au premier plan de la première version[8].

Au livre VII de son Histoire naturelle, Pline l’Ancien raconte que le roi Alexandre, très curieux de ces sujets, avait laissé toute latitude à son maître Aristote pour achever son ouvrage Histoire des animaux – un essai de classification des espèces en neuf livres[9] – et qu’il ordonna à ses rabatteurs, en Asie et en Grèce, d’obéir à Aristote. En 1671, l’imprimerie royale publie les Mémoires pour servir l’histoire naturelle des animaux de Claude Perrault, grand admirateur du philosophe antique[10]. Les liens entre Claude et son frère Charles – dont le rôle dans l’élaboration du programme iconographique des Grands Appartements n’est plus à souligner – ne sont sans doute pas étrangers au changement d’orientation entre les deux compositions. On peut imaginer que le manque de conformité avec le texte de Pline, qui parle de « veneurs, fauconniers, oiseleurs », a été souligné. Mais surtout, l’absence de noblesse des animaux (allant jusqu’à mettre en cage des aigles, symbole royal par excellence !) ne répondait pas aux règles de la bienséance et du décorum.

On sait combien le lettré du XVIIe siècle procède par analogies. Sous couvert d’histoire antique, les figures d’Auguste, d’Alexandre et de Ptolémée Philadelphe, évoquées dans le décor du salon de Mercure, constituent autant d’allusions aux actes de Louis XIV et à sa grandeur. Le choix des thèmes met en lumière le rayonnement du monarque dans le monde comme la réception des ambassadeurs et la remise des présents, ou comme les progrès scientifiques servant à sa gloire.


[1] Parmi les modifications d’ordre vestimentaire, il est à noter que le grand prêtre porte un vêtement brodé aux fils d’or d’animaux fantastiques.

[2] Pour les différentes interprétations du sujet, voir Milovanovic, 2005, p. 130.

[3] Dion Cassius, 1610, p. 85, livre IV.

[4] Pieragnoli, 2016, p.26.

[5] Deux voyageurs suédois relatant leur voyage à Versailles en mai 1685 comptent parmi les animaux de la Ménagerie, « un félin des montagnes » ; dans Hedin et Sandgren, 2006, p. 103.

[6] Par exemple, Titien, Bacchus et Ariane, huile sur toile, H. 172,2 ; L. 188,3 cm, Londres, National Gallery.

[7] Dans le modello de la partie centrale du plafond, deux coqs tirent le char de Mercure, et une grue figure au côté de la figure de la Vigilance. Jean-Baptiste de Champaigne, Triomphe de Mercure sur son char, huile sur toile, H. 51 ; L. 53 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. MV 5574.

[8] Dans cette voussure, les animaux sont traités de façon plus réaliste que les léopards de la voussure nord.

[9] Aristote y consacre une étude à la tortue, au crocodile d’Égypte – qui, lui, n’a pas de dents –, au singe et aux crustacés.

[10] Milovanovic, 2005. Dans sa préface, Perrault rend hommage aux auteurs précédents. Son ouvrage porte sur l’anatomie d’une sélection d’animaux, en tout quatorze, dont ne font pas partie ceux qui figurent sur la voussure.



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